lundi 16 novembre 2015

Paris, nous y étions.

Paris sous son manteau blanc. Hiver 2013.
 
Vendredi 13.
J'étais au Bataclan. La musique me crevait les oreilles, les basses raisonnées en moi, toute cette foule enivrée mon cerveau... J'y étais avec ma mère, mon frère, ma fille.

J'étais au stade de France. Un drapeau tricolore peint sur mon visage, mon cœur battait, les chants s'élevaient dans le ciel... J'y étais avec mon père, ma sœur, mon fils.

J'étais sur une terrasse de café. Les rires et les mots envahissaient l'espace, les verres teintaient au rythme des conversations, la sérénité du week-end flottait dans l'air... J'y étais avec mon ami, ma cousine, l'homme de ma vie.

J'y étais. Heureuse et insouciante.

J'ai vu des morts, j'ai vu du sang. Dans la rue, à la sortie du stade, dans une salle de concert, devant ma télé...
J'ai pris une balle dans la jambe, j'ai perdu mon frère, j'ai fui, j'ai sauvé un innocent, je suis morte. Et pourtant j'écoutais du rock, j'encourageais une équipe de foot, je buvais un verre avec toi, lui, elle, vous, nous.

Nous y étions. Nous y étions tous.
Nous n'avions rien fait. Nous vivions. 

Nous sommes tombés dans une marre de sang. N'ayons pas honte, surmontons la peur qui nous ronge et affrontons maintenant la réalité.
MENESTR'ELLE

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